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Version complète : Bataille rangée entre Greenpeace et le Japon sur les baleines
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Starvey
L'affrontement entre le Japon et l'organisation écologiste Greenpeace dominait, samedi 17 juin, la session annuelle de la Commission baleinière internationale (CBI), qui a lieu à Saint-Kitts-et-Nevis (Caraïbes) depuis vendredi. Depuis des années, les deux parties se dépensent sans compter sur les mers et dans les médias pour faire valoir leur point de vue sur la chasse à la baleine.

Greenpeace a promis qu'il défierait de nouveau la flotte baleinière du Japon dans les eaux glacées de l'Antarctique dans les mois à venir. L'organisation écologiste a sorti de son chapeau un sondage mené par le Centre de recherche japonais qui montre que 77 % des Japonais ne soutiennent pas la chasse à la baleine en haute mer. Le journal japonais Mainichi a toutefois fait valoir que le même sondage indique que seuls 20 % des Japonais n'ont jamais mangé de la baleine.

TOKYO A PERDU UNE PREMIÈRE BATAILLE

De son côté, le Japon veut que la CBI considère "la nature très dangereuse" des actions en mer contre les navires de recherche baleinière du Japon, sans mentionner spécifiquement Greenpeace. L'ordre du jour de la réunion indique que Tokyo demandera le vote d'une résolution dans laquelle la Commission "découragera de telles activités".

Mais, le Japon envisagerait d'aller beaucoup plus loin et pourrait réclamer officiellement à la CBI de retirer le statut d'observateur de Greenpeace au sein de la commission baleinière. L'organisation écologiste est l'un des plus farouches partisans du moratoire sur la chasse aux baleines en vigueur depuis 1986, alors que le Japon veut obtenir à terme une reprise de la chasse commerciale des baleines bloquée par ce moratoire.

Tokyo a perdu, vendredi, une première bataille, en échouant à faire adopter deux de ses propositions. Il a voulu grignoter le moratoire en tentant en vain de faire inscrire à l'ordre du jour une discussion sur la "chasse scientifique" aux petits cétacés et a proposé sans succès que les futures décisions de la CBI soit prise par des votes à bulletins secrets.

"GREENPEACE CONTINUERA"

Le Japon et les autres nations favorables à la reprise de la chasse à la baleine espèrent toujours pouvoir contrôler la CBI et peser sur ses décisions. La tentative de Tokyo d'établir une majorité simple a échoué, en raison d'une coalition d'organisations écologistes, dont Greenpeace, alliées à des Etats opposés à la chasse à la baleine comme l'Australie, la Grande-Bretagne, le Brésil et la Nouvelle-Zélande.

En janvier, le navire de Greenpeace, Arctic Sunrise, a été impliqué dans une collision avec un navire baleinier japonais dans des zones où se nourrissent les baleines dans l'Antarctique. Greenpeace a affirmé que son navire avait tenté d'éviter la collision avec le navire japonais, le Nisshin Maru, mais le Japon assure, de son côté, que le Sunrise a cherché la collision en s'approchant trop près.

"Greenpeace continuera a défendre les baleines dans le sanctuaire dans l'Antarctique en empêchant et en retardant la recherche dite 'scientifique' menée par le gouvernement japonais, qui n'est rien d'autre que le massacre des baleines", a prévenu un responsable américain de Greenpeace, Buffy Baumann. Jouant sur la clause du moratoire permettant la chasse à des "fins scientifiques" (destinées à enrichir les connaissances sur les cétacés), le Japon et d'autres pays comme la Norvège ont déjà repris la chasse aux cétacés et souhaiteraient élargir le nombre et la diversité de leurs prises scientifiques.

L'issue de l'affrontement entre le Japon et Greenpeace devrait être connue dimanche.
Starvey
Tokyo obtient un vote en faveur de la pêche à la baleine

LEMONDE.FR | 19.06.06

Le Japon et ses alliés ont obtenu, dimanche 18 juin, pour la première fois depuis plus de vingt ans, un vote favorable à la pêche à la baleine lors de la réunion annuelle de la Commission baleinière internationale (CBI), dans les Caraïbes.

Les Etats présents à la réunion ont appprouvé à la majorité (33 voix contre 32 et une abstention) une déclaration critiquant le moratoire de 1986 sur la pêche commerciale à la baleine. Le texte adopté estime que l'interdiction de la pêche à la baleine n'est plus nécessaire, accuse les baleines de décimer les poissons et estime que les ONG actives en la matière sont une menace.

"C'est une catastrophe", a réagi Kitty Block de l'organisation Humane Society International après le vote de la CBI qui s'est réunie du 16 au 20 juin sur l'île de Saint-Kitts-et-Nevis, dans les Caraïbes.

Pour mettre fin au moratoire de 1986, mis en place pour sauver le plus gros animal de la planète de l'extinction, les pro-pêche devront réunir 75 % des voix sur un vote. Le Japon s'est conformé au moratoire, mais, avec l'Islande, utilise une faille du texte pour procéder à de la pêche à la baleine à objectif scientifique. Un seul pays, la Norvège, ne tient pas du tout compte du moratoire.

"UNE NOUVELLE ÈRE"

Plus de 25 000 baleines ont été tuées depuis le vote du moratoire en 1982 et son entrée en vigueur quatre ans plus tard. Malgré cela, le Japon, qui estime que certaines espèces de baleines se sont suffisamment reconstituées pour recommencer à être chassées d'une manière raisonnable, souhaite avec ses alliés que la CBI revienne à ce qu'elle était à sa création en 1946, une organisme de régulation de la pêche.

Ils ont pour cela encouragé de nouveaux pays en faveur de la pêche à rejoindre la commission dans l'espoir de constituer une majorité contre les protectionnistes. "C'est le début d'une nouvelle ère pour la CBI", a estimé Joji Morishita, commissaire du Japon à la CBI en ajoutant qu'il ne serait "pas surpris" si on assistait l'an prochain à une campagne effrénée de recrutement pour la CBI dans les deux camps.

Rune Frovik, secrétaire du lobby norvégien High North Alliance, a estimé que la victoire était historique tout en reconnaissant qu'elle était pour l'instant symbolique.

L'Australie, qui estime que l'observation des baleines est plus lucrative que la chasse, s'est montrée philosophe. "Cela ne veut pas dire grand-chose dans la bataille historique entre les pêcheurs de baleine et ceux d'entre nous qui veulent geler le moratoire et interdire pour toujours la pêche commerciale à la baleine", a déclaré ministre australien de l'environnement, Ian Campbell.
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